samedi 17 mars 2012

Emilien Auguste, Maurice, Louis-Hippolyte et André Polydore Isaï  Beaugnier

Photo JP mes remerciements

L'objet de cet article est de retracer l'histoire des origines de la maison Beaugnier, facteur de saxophones installé à Mantes la Ville, la forme progressive dépendra des informations le complétant.
Beaugnier Émilien, Auguste est né le 30 juin 1873 à Vincelles dépendance de Château Thierry. Son père Louis François Beaugnier est carrier en plâtre, âgé de quarante quatre ans et sa mère Anna Joséphine Doffin est âgée de quarante trois ans, elle décédera le 14 mars 1910. Comme son frère Louis Hippolyte, il a pour témoin un luthier, Baptiste Nicolas Vanderkelen, facteur d'instruments de musique âgé de 48 ans.
Il se marie le 28 juin 1902 à Paris dans le 11ème, étant luthier et domicilié à Mantes avec Louise Augustine Wailly née à Château Thierry (Aisne) le 2 mai 1880, son frère Hippolyte Beaugnier, luthier de 37 ans, domicilié 16, impasse du Moulin Joly est témoin ainsi que Lecœur Pierre, ciseleur, 60 ans rue Palikao au 15. Son père est décédé.

Journal de Mantes 1902 (Archives des Yvelines):
Journal du 18/06/1902. Mariage entre Beaugnier, Émilien -Auguste, luthier domicilié à Mantes Place Saint- Maclou, 32, et Mlle Wailly, Louise- Augustine, polisseuse domiciliée à Paris, 7 et 9 impasse Moulin- Joly.
Le 14 novembre 1864, est né son frère aîné, Louis Hippolyte Beaugnier, même lieu et même profession du père avec pour témoin Jean Louis Daniel, facteur d'instruments, âgé de quarante ans.
Beaugnier Maurice, fils de Beaugnier Émilien, est né le onze juillet 1903 à Mantes en présences de Messieurs Hazard Marc, luthier âgé de quarante ans, demeurant à Mantes la Ville et Bourgeois Émile, luthier âgé de vingt neuf ans demeurant à Mantes rue des Marbrait.
L'adresse la plus ancienne observée sur les archives de Mantes est celle déclarée lors de son mariage, 32, place Saint Maclou en 1902, adresse occupée en 1901 par un luthier de chez Schaeffer: Jehemm Émile luthier de 43 ans. 
Note: Hazard Marc était luthier chez Dolnet en 1896.

Vu sur recensement 1906 Mantes la ville ainsi que sur celui de 1911:
Beaugnier Émilien né en 1873 à Château Thierry luthier chez Schaeffer, domicilié rue Pasteur.
Beaugnier Maurice né en 1903 à M L V enfant luthier chez Schaeffer.
Beaugnier Louise née Wailly en 1880 à Château Thierry sans profession.

Vu sur enveloppe à en tête:
Manufacture d'instruments de musique- E. BEAUGNIER & Cie- 15 rue Pasteur- Mantes- La- Ville -Seine- et -Oise.
Remerciements R.P.
En 1921, domiciliés avenue de la Mairie, Beaugnier Émilien est luthier en nom propre, son fils Maurice est enfant luthier. En 1926, habitant 730, rue de Dreux, avec ses pères et mères, Maurice est Chaudronnier chez Beaugnier. En 1931 plusieurs luthiers illustres travaillent dans les ateliers de la maison Beaugnier: Hazard Maurice né en 1904 à M L V, luthier; Leroux Marcel né en 1911 à Château du Bois, idem; Mignolet Jules né en 1871 à Sotteville, polisseur ; Mignolet André né en 1907 à M L V, tourneur; Beaugnier Émilien, luthier patron, 741, rue de Dreux. Beaugnier Maurice, chaudronnier; Bertrand Alexandre né en 1852 à Courson, chaudronnier; Lefevre Henri né en 1915 à Mureaux luthier chez Beaugnier.

Naissance de Beaugnier Louis Hippolyte:
...né le 14 novembre 1864...à comparu Louis François Beaugnier carrier en platre...Vincelles...en présences de Messieurs Jean Louis Daniel, facteur d'instruments, âgé de 40 ans...

Etats de service militaire de Louis Hippolyte en 1884 à Soissons:
...ouvrier de fabrique...
Adresses successives habitées:
1 juillet 1881 Château Thierry Soissons.
20 janvier 1902, 16 impasse du Moulin Joly Paris.
14 novembre 1905, 22 rue d'Angoulême, Paris 11 ème.
13 septembre 1908, 23 rue du Grand Prieuré, Paris 11 ème.

Annuaire du commerce Didot Bottin: source Gallica.
1921: Beaugnier (A.), r., Oberkampf, 142.
1925: Beaugnier (A.), r. Moret, 1. Paris.

Note: il s'agit de André Polydore Isaï Beaugnier, né le 7 mars 1889 à Château Thierry... Artiste musicien et constructeur T.S.F., fils de Louis Hippolyte, soldat musicien le 9 août 1911, localités successives habitées: 
27 novembre 1912, Paris 11 ème, 1 boul. de Belleville.
29 janvier 1914, Paris 11 ème, 142 boul. Oberkampf.
20 mars 1929, Nice, 52 boul. Victor Hugo.
Il précise sur une publicité de 1925 être un ancien ouvrier de Millereau et Couesnon.

Vu sur Journal de Mantes:
Journal du 21/01/1903. Société de secours mutuels de Mantes, Limay, Mantes la Ville...Voici la liste des nouveaux sociétaires...Beaugnier, luthier; Chapron, luthier; Fontclause, luthier; Leroux, luthier; Nigon, luthier;...
Divers dates: dons des époux Beaugnier pour le monument au mort de Mantes, en faveur de la pouponnière et du service d'enfants malades de Mantes sur Seine.
Le 3 juin 1931; Henri Balzel, fils d'honorables commerçants de Mantes qui depuis de longues années jouissent de l'estime publique, avait fait son apprentissage d'ouvrier luthier a la maison Beaugnier de Mantes-la-Ville, dans laquelle il était resté. Habile, sérieux et travailleur, le jeune homme se trouva récemment prive de son travail, une partie du personnel de la maison ayant été remercié par suite de la crise économique que nous subissons...
Journal du 23 septembre 1931. L'harmonie de Mantes la Jolie a le plaisir d'annoncer qu'elle se fera entendre... Trombone solo, M. Beaugnier.
Journal du 22 juin 1932. Pour le concours de Musique. La Maison Beaugnier. 15-17, rue Pasteur à Mantes-la-Ville vient de faire connaître au comité d'organisation, qu'elle faisait don d'un saxophone alto nickelé à la Société d'Heiltz-le-Maurupt qui a accepté de participer gracieusement a la retraite du 25 juin.
Journal du 13 juillet 1932. Concours de fanfare...prix spécial offert par la maison Beaugnier de Mantes la Ville: un saxophone alto.
Journal du 26 octobre 1938. Adjudication...le samedi 12 novembre 1938... Maison à Mantes la Ville "villa les glycines, rue Pasteur...et pour visiter: chez M. Beaugnier, 15 rue pasteur, à Mantes la Ville...

Brevets visibles sur espacenet:
Robert Siour- Brevet n°649265- Résident en France (Seine)- Demandé le 18 février 1928. Nouveau baril réglable pour clarinettes en métal.
Robert Siour et Emilien Beaugnier- Brevet n° 656 239-Résidant en France Seine et Oise-Demandé le 22 Juin 1928. Perfectionnements apportés aux saxophones.
(Système de trilles petit doigt main droite).
Robert Siour et Emilien Beaugnier- Brevet n° 662 866-Résidant en France Seine et Oise-Demandé le 24 Octobre 1928. Perfectionnements apportés aux saxophones, clarinettes et instruments analogues.
(Dispositif de réglage d'accord du bocal et du bec, voir article Augu bois).
Beaugnier Maurice. Brevet n° 904 355 Résidant en France Seine et Oise- Demandé le 19 Mai 1944. Nouveau dispositif de commande des clefs d'octave automatiques des instruments à vent.
Beaugnier Maurice. Brevet n° 979 343 Résidant en France Seine et Oise- Demandé le 21 Janvier 1949. Perfectionnement apporté aux instruments de musique à clefs.

Dave me transmet ses photos d'un alto "stencil" Bajus-Beaugnier, tous mes remerciements. N°3508.

Musique adresses universel 1913 mis en ligne par M. JL Matté:
Avesnes le Comte- Pas de Calais- Bajus Z., Musique et Instruments et Éditeur- Fond en 1877.

Document Personnel, à noter l'auteur, Louis Bajus.




Ainsi que ce magnifique soprano argenté des années 60, photographies prisent dans un cadre campagnard:




Contribution instrumantique pseudo Gilmor:
En fait Beaugnier a cessé son activité, à Mantes La Ville, en 1967 (la Chambre de Commerce pourrait le confirmer). La fabrication fut reprise par Leblanc avec le personnel de l'usine et continua la production sous la marque Leblanc jusqu'en 73. Dolnet (sous la direction de Mr Jumelin, marié à la fille Dolnet) repris la production avec les ouvriers Leblanc, jusqu'en 86. Dixit un ouvrier embauché chez Leblanc en 68 que je pense plus digne de foi que le Langwill.

Vu sur stencil beaugnier: 
1) Alto argenté: STANDARTISTE-Timbre d'argent-ANDRIEU Freres-72 rue Rodier-PARIS.
2) Alto argenté Barbe, Etoile du nord, 1939 dans étoile et n°9204. Ce qui présagerait une remise à zéro des numéros de série circa 1941-1942 et à n°10000.

Je vous signale cet excellent travail incontournable qui visiblement n'en tient pas compte:
http://www.doctorsax.biz/beaugnier_ser_nos.htm

Lefèvre-Selmer (Henri), La Facture instrumentale Mantaise. Le Mantois 5 ― 1954 (nouvelle série) : Bulletin de la Société « Les Amis du Mantois ». Mantes-la-Jolie, Imprimerie Mantaise, p. 29-32.
Extraits:
"À cette époque (1920), deux nouveaux établissements furent installés à Mantes-la-Ville. La Maison Beaugnier, spécialisée dans la fabrication des pièces de chaudronnerie fine pour instruments de musique, commença d’étudier la possibilité de fabriquer entièrement les saxophones. Une longue expérience de «montage » de ces instruments aida le fondateur de la maison à créer les outillages nécessaires, et vers 1925, les saxophones «Beaugnier» firent leur apparition sur le marché, sans déroger à la tradition de la qualité mantaise. Aujourd’hui cette maison occupe une quarantaine d’ouvriers, tant à la production des saxophones qu’à celle – toute récente – des trompettes d’harmonie... (*)
les nouveaux ateliers étudièrent d’abord un procédé usité seulement aux U.S.A. pour la production des corps de saxophones: le remplacement des cheminées sur lesquelles s’appuient les tampons d’obturation, jusqu’alors soudées sur le corps de l’instrument, par des cheminées étirées à même le corps. En 1921, l’outillage nécessaire était construit, et mis en œuvre en janvier 1922 avec un plein succès. Outre les grands avantages de solidité, légèreté, élégance conférés aux instruments par ce procédé, la rapidité de production des «corps » passa de un à huit..."
Note: Beaugnier fabriquait tardivement aussi des trompettes d'harmonie et fournissait à l'origine (1920) des pavillons et suites de cuivre pour d'autres facteurs, lesquels?

Vu trompette "Royal" sur dépliant Rotinat- Bourges: stencil Beaugnier- Augu.
(*) "qu’à celle – toute récente – des trompettes d’harmonie... "




9 commentaires:

  1. bonjour
    mon peère possède un saxo alto des établissements Beaugnier qu'il a acheté fin des années 40 et dont il sest servi quelques années. il est dans son étui en très bon état. Pourriez vous me donner une estimation de son prix? Je n'ai trouvé nulle part de numéro de série et il ressemble par la couleur à celui qu'on voit plus haut sur la page. merci d'avance

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    1. Bonjour anonyme, Désolé je ne donne pas de cotation sur mon blog! C'est précisé dans le message d'accueil:"il serait équitable pour les visiteurs de ne pas faire figurer de valeurs concernant les instruments et accessoires, LUTHIER VENTS ne préjuge pas de leurs valeurs, états des instruments et travaux sur photographie et vous considère en cela autonome." et je ne compte pas ouvrir ce service. Cordialement.

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  2. D'après mon papa qui a travaillé chez Beaugnier et qui possède un ténor fabriqué par lui même le n° de série se trouve sur le porte partition et le n° de "VOL" gravé sous un patin... mais le tout est de savoir lequel !!!! car il faut le déssouder... oups !

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    1. Bonjour,
      J'étais absent et par suite de votre commentaire sympathique, j'aimerai avoir la signification de ce que vous appelez "n° de "VOL"".
      Il serait intéressant aussi que vous développiez ce sujet grâce à l'expérience de votre père au seing de cette entreprise. Cela pourrait ouvrir des champs d'investigations nouveaux sur ce sujet , grâce à vos recherches. A bientôt.

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  3. Bonjour,
    Pourriez-vous me dire en quelle année est parue la pub concernant les trompettes "Royal" sur dépliant Rotinat- Bourges: stencil Beaugnier- Augu.
    Je viens d'acquérir une trompette Beaugnier, modèle DOWNRIGHT qui ressemble comme gouttes d'eau à celle de la pub. Je joindrai des photos quand elle sera en état présentable...
    Merci par avance.
    Bien cordialement.
    Pascal

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    1. Bonsoir,
      Il n'est pas daté et l'attribution est personnelle; l'apparition toute récente des trompettes d'harmonie daterait selon M. Selmer de 1954 et avant ?
      Pour indication vous avez sur le même dépliant et sur mon blog, la flûte "Royal", elle y était vendue à l'époque 39500 frs. Le coût d'une flûte type Moyse de chez Couesnon coûtait en 1955, 42695 frs chez Robert Martin.
      Vous avez dessous cette trompette "Royal" un lien sur Beaugnier suite, en bas de cet article et en troisième paragraphe des trompettes Beaugnier. La comparaison est issue de celle du Boncoin.
      Nous nous demandions avec Benoit, auteur des photos de la deuxième, en m.p. qui était le pistonnier travaillant pour Beaugnier à l'époque. Pour transmettre des photos, il vous faudrait passer par le formulaire de contact. Pour l'instant je ne souhaite que fournir en éléments, une recherche de données assez rares.
      Bien cordialement.

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  4. Bonjour,
    J'ai visualisé votre trompette sur Ebay et cela ressemble en effet au modèle Royal.
    Les différences observées sont le nombre de plots sur les coquilles de premiere et troisième comme si elles avaient été inversées.
    La Royal est pourvue d'une molette de butée de coulisse d'accord principal.

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  5. Très belle page, merci pour ce travail partagé riche de renseignements précieux. J'ai retrouvé dans le grenier de mes parents, le sax qui m'avait été donné par le président de l'harmonie municipale où j'ai fait mes 1ères armes. Il s'agit d'un vieux sax ténor français de marque Beaugnier des années 50, assez simple et élégant dans sa construction comme dans sa sonorité.
    Dans un très piteux état (tampons déchirés, pièces manquantes, certaines écrasées, ressorts et vernis oxydés...etc), je me suis mis en tête de le restaurer... je lui dois bien ça! Il avait fini en pied de lampe avec peinture bleue d'un goût douteux puis lâchement abandonné à la poussière et aux araignées...
    Allez, voilà une belle petite aventure qui (re) commence!!!
    Je serai ravi de vous envoyer quelques photos et de vous tenir au courant des différentes étapes de sa restauration. Cordialement, Olivier

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  6. Bonjour Olivier,
    J'ai supprimé votre nom de votre commentaire, vous avez compris l’intérêt de ce blog, partager notre passion des instruments de musique à vent.
    Je collecte les types et numéros de série des Beaugnier, bois et cuivres.
    Cordialement. Jean Jacques.

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