mardi 12 juin 2012

Maison Joseph et Charles GRAS, Lille.

Je vous présente dans cet article une recherche sur la facture lilloise évoquant les Maisons Joseph et Charles Gras successeur des établissements Vion, les domiciliations sont nombreuses et concernent les villes de Paris, Lille et Calais.
Bulletin des lois de la république française:
237637. Brevet de quinze ans, 13 avril 1874; Gras, rue de Béthune, n°34, à Lille.
Trompette contre-basse monstre sans piston.
Annuaire des artistes et de l'enseignement dramatique et musical:
1893: Marchands de musique et instruments: Gras (J) Béthune , 24 Lille. Idem en 1894, 1895...
1909: Valenciennes: Gras (J.), 5, passage Broca.
Archives commerciales de France:
1)Paris. — Formation. — Société en nom collectif A. VION et ROUSSEAU frères, fab. d'ins-
truments de musique, 4 et 6, Château-Landon. — 9 ans et 8 mois —75,000 fr. — 31 oct. 1910
2)Vendeur: Gras (Dlle) .Acheteur: Gras . Domicile élu: Martin, 11, Jacquemars - Giélée, à Lille -de suite- Droits dans une fabr. d'instruments de musique 1. 115,Paris, Bois-Colombes (Pub.du 23 sept 1912).
Musique adresses universel 1913:
1)Vion A et Rousseau Frères, 4 et 6, rue du Château Landon (10è) métro Château Landon- Fab d'Instruments bois et cuivres et pièces détachées. Fond 1838.
2)COLOMBES (Seine)- Gras Ch. -E., 115, rue de Paris.- Manufacture d'Instruments de cuivre.- (Maison de vente à Lille.)
3)ROUBAIX- Gras Ch. -E., 48, Grande-Rue.- Musique et Instruments- (Maison principale à Lille).
4)LILLE- Gras Ch. -E., 32, rue des Ponts de Comines.- Mus. et Inst.- Manuf. et Inst. de cuivre et Edition Musicale.- Fond en 1868.- (Usine à Colombes.)- Succursales Roubaix, Valenciennes et Bruxelles.
5)VALENCIENNES- Gras Ch. -E., 5, Passage Boca.- Musique et Instruments.- (Maison principale à Lille. 
Vu sur facture du 20 mai 1913:
Manufacture générale d'instruments de musique- J GRAS- fournisseur de l'armée-24 bis rue Faidherbe- 32 rue des Ponts de Comines- Usines électriques Lille & Colombes (Seine)- Succursales à Roubaix, Valenciennes et Bruxelles- Nouveaux instruments "PRIMA"- adoptés par les solistes de la musique de la garde républicaine.
Vu sur catalogue juin 1922:
Paris 12, rue de la chaussée d'Antin, 12- J. Gras- Lille 24 bis, rue Faidherbe- 32 rue des Ponts de Comines-
Vu sur saxophone et autres:
1)Dans bannière: breveté SGDG-J GRAS- Fournisseur de l'armée-12 rue de la Chaussée d'Antin-PARIS- Pentacle- Portée et clé de sol.(Sol# à gauche et à droite, levier de fa# coté, cadence d'ut et sib, sib grave et fa aigu).
2)Très beau saxophone ténor de la marque "Gras" en métal argenté, datant des années 40-50.
Porte la mention "Gras 15 Rue de la Tour des Dames Paris" et la mention "Prima"inscrite dans une portée avec une clé de sol. N° 13004.
3)Breveté S.G.D.G , J.GRAS , fournisseur de l'armée , 4 rue Parvis St Maurice , Paris , 47 Parvis St Maurice , LILLE, avec sac en cuir d'époque .
4)J. GRAS, 16 Place d'Armes, CALAIS sur soprano deux clés d'octaves.
5)Breveté SGDG-J.GRAS-Fournisseur de l'armée-32, rue des ponts de Comines Lille.
Publicités de 1923-1924:
Pianos Pleyel, Herard, Gaveau- J. Gras- 24 bis rue Faidherbe- Lille.
Annuaire international de la musique 1925:
Gras Ch., 12, chaussée d'Antin. -Paris.
LES SPECTACLES n°122 du 30 avril 1926 source Gallica.
Chronique Musicale
L'EFFORT ARTISTIQUE REGIONAL,
Peu de provinces peuvent, comme les Flandres, se vanter de pouvoir réunir autant de sociétés musicales. Chaque ville, chaque commune, chaque village a son orphéon ou sa chorale, sa fanfare ou son harmonie qui s'enorgueillit d'une bannière couverte par une constellation de médailles et de palmes aux reflets d'or. Chaque usine, chaque atelier, groupe ses ouvriers certains soirs pour en faire de futurs musiciens et, c'est merveille de voir ces mains habituées à manier le pic du mineur ou la broche du métier, s'exercer à battre les temps de la mesure que rythment ensemble les fronts gravement penchés sur les pupitres.
Ce résultat est. dû, le plus souvent, à des âmes désintéressées, philanthropes sans le savoir, qui sont heureux de faire profiter les autres des connaissances musicales qu'ils ont acquis eux-mêmes.
Dans de prochains articles, nous parlerons de ceux-ci en donnant l'historique de nos principales sociétés.
Aujourd'hui, nous envisagerons cette question d'un côté beaucoup plus matériel, mais, tout aussi digne d'intérêt. De même que nos élégantes ne pourraient faire valoir leurs gracieuses silhouettes sans les talents du couturier, les meilleurs des virtuoses ne sauraient extérioriser leur art s'ils n'avaient à leurs dispositions un instrument docile et de belle sonorité.
Peu de gens, même parmi ceux qui achètent un instrument, se doutent de ce qu'il a fallu d'études et de soins pour arriver à cette perfection qu'on rencontre aujourd'hui dès que l'on veut bien y mettre un certain prix.
L'émulation des luthiers de Crémone existe toujours et chaque artisan, chaque fabricant a son secret, qui lui permet d'obtenir certaine qualité recherchée par l'amateur.
Notre région peut, à juste titre, s'enorgueillir de posséder quelques-uns de ces artisans sans lesquels les qualités des virtuoses ne seraient plus qu'une abstraction. Loin de nous l'idée de faire l'apologie de telle ou telle maison ou de vanter les mérites d'une marque ou d'une autre. Nous chercherons simplement à établir combien l'effort accompli depuis un siècle est méritoire par les fruits qu'il a portés. Agissons donc comme un étranger qui descendrait dans notre ville et faisons notre petite promenade de reconnaissance. Naturellement, nous descendrons la rue Faidherbe, vaste tentacule qui enserre la gare dans une sorte de delta pour devenir le véritable exutoire de la ville.
Les brillantes devantures se pressent de chaque côté : le coiffeur côtoie le café somptueux, le libraire se resserre près de la modiste et le magasin musical serait réduit, à la portion congrue s'il n'avait absorbé à lui seul l'angle même de la rue. Rien ne le désignerait plus qu'un autre à votre attention si ce n'est le bel emplacement, le soin avec lequel les instruments sont présentés. Cependant, comme vous vous y êtes précisément arrêté en flânant, vous entendez les sons de la clarinette, puis succède un appel de trompette, alors qu'un apprenti semble vouloir rompre la peau d'âne d'un tambour. Ce n'est même plus du jazz band ; c'est de la cacophonie. Do, mi, sol, mi, sol, fait en glapissant la clarinette ! Coin, coin, coin répond le hautbois ! Ra-ta-pla-ta-pla-ta-pla interrompt le tambour pourquoi ne me ferais-je pas entendre dit soudain la flûte, et allez-y : turlututu, turluru, etc...
La curiosité vous fait entrer et sous prétexte d'acheter « Valencia » vous assistez non pas à une exécution de jazz, mais à l'essai consciencieux que font des gens très convaincus, des instruments qu'ils choisissent...
Sans le savoir, vous êtes entré, non seulement chez un marchand de musique, mais bel et bien chez le fabricant même de ces instruments dont vous entendiez tout à l'heure le discordant ensemble.
La « Maison Gras », chez laquelle vous êtes, existe en effet, depuis trois quarts de siècle.
C'est, en effet, en 1868 que M. Joseph Gras, ex-soliste à la musique du 1er Régiment de génie, à Montpellier et à Arras, eut l'idée, à sa libération, de s'installer en notre ville.
Comme il avait travaillé dans les meilleurs ateliers de Paris et de province, son chef de musique l'avait désigné d'office pour effectuer les réparations nécessaires aux instruments de son régiment. Tel piston dessoudé, tel ressort détrempé, tel pavillon abîmé, retrouvaient entre ses mains leur vitalité première.
Aussi l'atelier que M. Joseph Gras avait fondé boulevard Vallon, aujourd'hui boulevard Victor-Hugo, prit très vite une extension appréciable.
Pour un homme hardi, comprenant son métier, il n'y avait qu'un pas de la réparation à la fabrication. Ce pas fut franchi en 1884 et, sous sa direction, une vingtaine d'ouvriers furent occupés rue de Béthune à fabriquer les premiers instruments à pistons.
La clientèle, séduite par la qualité des instruments sortis de l'atelier de M. J. Gras s'étendit de plus en plus dans la France entière et comme de nombreux clients avaient besoin de pianos, la maison s'occupa, dès 1889, de la vente de ceux-ci, branche commerciale qui se développa au delà de toute espérance.
C'est en 1898 que M. Charles Gras succéda à son père, 1 er prix du Conservatoire, il avait, sous l'égide paternelle, et par de nombreux stages en France et à l'étranger, acquis tous les secrets qui président à l'élaboration et à la construction des orgues et des instruments de musique en général.
Des conceptions nouvelles, une excellente mise au point, lui permirent, en 1910, de lancer la fameuse fabrication « Prima », recherchée avec beaucoup de raison pour les plus grands artistes de France et de l'étranger. Actuellement, le monde musical entier vante les qualités de ces instruments qui joignent, à leur belle présentation, une sonorité exceptionnelle.
Un des rares mérites de la maison Gras est d'avoir eu l'idée de joindre à des occupations déjà lourdes, en 1895, un fonds d'édition. Malgré les risques d'une telle entreprise, qui doit être secondée par une réelle habileté et que la faveur d'un public peut réduire à. rien du jour au lendemain, M. Charles Gras, donna un si bel essort à cette branche que sa maison d'édition est actuellement placée parmi les plus importantes de France.
Bien des compatriotes lui doivent d'être aujourd'hui connus par leurs oeuvres qu'a lancées la maison Gras, grâce à un effort pécuniaire personnel des plus intéressants puisqu'il vient rehausser et faire valoir les mérites d'efforts nés dans notre région.
La fabrication, des instruments ne fut pas pour cela ralentie puisque la nouvelle industrie, établie définitivement dans la ville natale de ses fondateurs, occupe, 20 rue des Augustins, une centaine d'ouvriers.
Puisque vous êtes entrés dans le magasin, écoutez un instant et vous serez peut-être surpris, indépendamment de tout ce qui s'expédie en France et dans le continent, de voir : une clarinette pour Tampico, un bugle pour Touranne, deux hautbois pour Chicago, un piston pour Vancouver, un cor pour Philadelphie, deux saxos pour Birmingham, etc., et c'est toujours comme cela, nous a dit un indiscret, en ajoutant sous le sceau d'un secret que nous violons sans crainte, que bientôt les ateliers, s'agrandiraient considérablement et qu'il faudra 3 ou 400 ouvriers pour contenter tout ce monde de musiciens désireux de jouer sur une bonne marque.
Comme nous le disions; au début de cet article, nous ne voulons pas ici préconiser plutôt une marque qu'une autre; mais n'avons-nous pas le droit d'être fiers lorsqu'un enfant des Flandres, héritier des qualités inhérentes à cette race, à l'effort tenace, porte au loin le nom de notre contrée et nous crée peut-être, des envieux mais aussi des sympathies.
A côté du développement industriel de la région, il est d'autres initiatives qui méritent, d'être mises en relief et celles qui touchent l'art musical ne sont pas des moins intéressantes. Nous continuerons donc dans notre prochain article de nous promener à travers Lille et, plus d'une fois, il faudra nous arrêter !
Marcel DIARD.
LES SPECTACLES n°113 du 26 février 1926.
Organographie générale des instruments à embouchure .
La maison Ch Gras, de Lille, vient d'éditer un important ouvrage de M. Henri Séba, professeur au Conservatoire royal de Bruxelles, traitant .de tous les instruments à embouchure. L'auteur dit, avec raison, dans son avant-propos, que, jusqu'ici, l'étude théorique des instruments à embouchure
n'a pas été complète, et que son exposé, résultat de nombreuses années d'observations et d'expériences, est susceptible de combler une lacune dans l'enseignement des conservatoires et écoles de musique, ainsi qu'à tous les instrumentistes en général, amateurs et professionnels.
C'est l'avis, d'ailleurs, de plusieurs de nos confrères, dont l'autorité est établie en matière musicale, et qui ont écrit des notes très élogieuses sur cette remarquable étude.
C'est, dit l'un d'eux, un ouvrage considérable, où les instruments de cuivre à embouchure sont minutieusement étudiés, tant au point de vue de la sonorité qui leur est propre lorsqu'ils sont, établis sous leur forme primitive (c'est-à-dire sans pistons), qu'au point de vue des perfectionnements qui leur ont été successivement apportés ; notamment l'adjonction des coulisses et des pistons.
Chaque instrument fait l'objet, d'une étude très détaillée, dans laquelle l'auteur fait ressortir les raisons techniques sur lesquelles l'exécutant doit se baser pour obtenir des sonorités plus belles ou plus justes.
Des tableaux théoriques et des tablatures complotent cette magistrale étude, qui est précédée d'un résumé d'acoustique contenant les notions qu'il est indispensable de posséder pour comprendre la théorie des instruments .
L'organographie de M. Séha est un livre susceptible d'intéresser tous les musiciens, et sa place est marquée dans la bibliothèque de chaque société instrumentale.
Dédié à M. Paul Gilson, inspecteur de l'enseignement musical en Belgique, cet ouvrage a été édité par M. Ch. Gras, 32, rue des Ponts-de-Comines, à Lille, 12, rue de la Chaussée-d'Antin, à Paris.
Musique adresses universel 1929:
Gras Ch, 12 rue de la Chaussée- d'Antin (9è) métro Opéra- Manufacture générale d'instruments de musique- Éditions-
Gras Ch. E., 32 rue des ponts de Comines.-Usine: 20 rue des Augustins. Inst, Musi.- Manuf. d'instruments de cuivre et Editions musicales.
Vion A (Gras Ch succ) , 4-6 rue du Château Landon (10è) métro Château Landon- Manufacture de pièces détachées d'instruments de cuivre. Fond 1838.
Vu sur carte postale publicitaire "Delcampe":
Manufacture générale d'instruments de musique- J Gras- Ch Gras successeur- Lille 36 rue Faidherbe- Paris 12 chaussée d'Antin- Seul fabricant de la célèbre marque Prima.
Vu sur catalogue juin 1933:
4 grands prix: Lille 1920- Gand 1923- Genève 1927- Francfort 1927- manufacture générale d'instruments de musique- ch gras- Paris 12, chaussée d'Antin, 12- Lille 36, rue Faidherbe, 36- nouvelle série R. A.- Becs ébonites surchoix pour clarinettes et saxophones signés F. Capelle- Becs numérotés par degrés d'ouverture. N°5: fermé. N°6: Moyen; N°7: ouvert.
Vu sur publicité:
1920-Grand prix-Lille. 1923-Grand prix-Gent. 1927-Grand prix-Genève. 1927-Grand prix-Francfort. 1935-Grand prix-Bruxelles.1950-Hors concours-Haïti.
Vu sur publicité:
Lille 36 rue Faidherbe- Garantie: série A. L. 10 ans- Série GSB et PRIMA 12 ans. Cette garantie est mentionnée sur un certificat accompagnant l'instrument.
Saxophone baryton Liberator proposé par André: Ce sax porte le numéro 212XX.



Tous mes remerciements à André pour ces magnifiques photos.